{"id":77,"date":"2020-08-16T22:28:44","date_gmt":"2020-08-16T22:28:44","guid":{"rendered":"http:\/\/arnaud-vincent.fr\/?p=77"},"modified":"2020-09-27T19:11:55","modified_gmt":"2020-09-27T19:11:55","slug":"planter-ses-fleurs-plutot-qu%e2%80%99arracher-les-mauvaises-herbes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/arnaud-vincent.fr\/?p=77","title":{"rendered":"Planter ses fleurs plut\u00f4t qu\u2019arracher les mauvaises herbes"},"content":{"rendered":"<h2>10th EAP Convention in Lisbon (Portugal)<\/h2>\n<p>2 &#8211; 5 July 2009<br \/>\n\u00ab Meanings of Happiness and Psychotherapy \u00bb<br \/>\nby Serge Ginger1<\/p>\n<h2>Planter ses fleurs<\/h2>\n<h2>plut\u00f4t qu\u2019arracher les mauvaises herbes<\/h2>\n<p>G\u00e9n\u00e9ralement, on entreprend une psychoth\u00e9rapie pour porter rem\u00e8de \u00e0 une<br \/>\nsouffrance psychique ou psychosomatique. Dans le cas contraire, on parle plut\u00f4t de<br \/>\nd\u00e9veloppement des ressources personnelles ou d\u2019\u00e9panouissement de son potentiel latent.<\/p>\n<p>Certes, aucune th\u00e9rapie ne peut faire l&rsquo;\u00e9conomie de larmes et d&rsquo;angoisse : crever des abc\u00e8s est habituellement p\u00e9nible\u2026 m\u00eame si c\u2019est souvent n\u00e9cessaire ; mais faut-il avant tout s&rsquo;attarder sur les moments difficiles de son pass\u00e9, alors qu&rsquo;on peut aussi, parall\u00e8lement, \u00e9voquer les moments heureux d\u00e9j\u00e0 v\u00e9cus, cultiver son pr\u00e9sent et d\u00e9velopper au maximum son bonheur actuel et \u00e0 venir ?<br \/>\nUne th\u00e9rapie compl\u00e8te ne se limite pas aux processus de cicatrisation. Elle vise aussi<br \/>\n\u00e0 trouver \u2014 ou retrouver \u2014 la joie de vivre, \u00e0 tendre vers plus de bonheur.<br \/>\nCela est notamment soulign\u00e9 dans les approches dites \u00ab humanistes \u00bb, telles que la<br \/>\nGestalt-th\u00e9rapie ou encore l\u2019EMDR \u2014 deux approches que j\u2019associe r\u00e9guli\u00e8rement dans ma<br \/>\npratique actuelle.<br \/>\nAnalyse des succ\u00e8s Mes clients en Gestalt sont g\u00e9n\u00e9ralement tr\u00e8s surpris lorsque je leur d\u00e9clare explicitement qu\u2019il est souvent int\u00e9ressant d\u2019analyser les causes et les cons\u00e9quences de ses succ\u00e8s autant que de ses \u00e9checs, explorer ses joies autant que ses souffrances, cela afin de pouvoir les reproduire le cas \u00e9ch\u00e9ant, voire les amplifier\u2026 Ils d\u00e9couvrent ainsi qu&rsquo;on peut \u00ab travailler \u00bb autour d&rsquo;un succ\u00e8s, d&rsquo;un contact r\u00e9ussi, ou analyser son sentiment de bien-\u00eatre, et non s&rsquo;astreindre uniquement \u00e0 aborder probl\u00e8mes ou traumatismes. En effet, ressasser sans cesse une p\u00e9riode malheureuse ne fait souvent qu&rsquo;en renforcer le souvenir, en fixant l\u2019encodage c\u00e9r\u00e9bral ; \u00e9voquer maintes fois un deuil p\u00e9nible ne suffit pas \u00e0 le d\u00e9passer\u2026 Si on rouvre en permanence les plaies de son enfance et qu&rsquo;on les fait saigner, jamais elles ne pourront cicatriser : une fois la plaie bien nettoy\u00e9e (mais pas avant !), il convient de laisser la cro\u00fbte se reformer et de ne plus l&rsquo;arracher.<br \/>\nCes premiers soins sont souvent p\u00e9nibles ; mais les baumes apaisants, la tendresse et<br \/>\nl&rsquo;humour font aussi partie de tout traitement. Les neurosciences ont soulign\u00e9 l\u2019importance<br \/>\ndes \u00ab neurotransmetteurs de r\u00e9compense \u00bb et de bien-\u00eatre : dopamine, noradr\u00e9naline,<br \/>\nendorphines, ocytocine\u2026 On a pu mesurer que quelques minutes de visualisation mentale<br \/>\npositive augmentaient de 53 % les ressources de notre syst\u00e8me immunitaire.<br \/>\nDe m\u00eame, l\u2019EMDR stimule rapidement une r\u00e9organisation du syst\u00e8me d\u2019information,<br \/>\net mobilise des processus naturels de cicatrisation mentale et neuronale.<br \/>\nNotre \u00e9poque valorise de plus en plus la m\u00e9decine pr\u00e9ventive : point n&rsquo;est besoin<br \/>\nd\u2019attendre de souffrir pour se soigner. La th\u00e9rapie est aussi la recherche constante d&rsquo;une<br \/>\nharmonie, d&rsquo;une meilleure \u00ab qualit\u00e9 de vie \u00bb. Nous avons tous droit au bonheur.<br \/>\nNotre \u00e9ducation traditionnelle, d\u2019inspiration catholique \u2014 confort\u00e9e par le<br \/>\npessimisme freudien \u2014 nous a habitu\u00e9s \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;il fallait \u00ab m\u00e9riter son paradis \u00bb. Point de<br \/>\nr\u00e9compense sans effort : \u00ab On n&rsquo;a rien sans peine \u00bb\u2026 \u00ab Il faut souffrir pour \u00eatre belle \u00bb\u2026<br \/>\n\u00ab Tu enfanteras dans la douleur \u00bb\u2026 \u00c0 bien y r\u00e9fl\u00e9chir et \u00e0 bien observer, tout cela est loin d&rsquo;\u00eatre prouv\u00e9 ! Pour ma part, je ne d\u00e9c\u00e8le nul m\u00e9rite particulier dans l&rsquo;asc\u00e9tisme, la souffrance et le sacrifice, et la morale de SaintBeno\u00eet m&rsquo;est \u00e9trang\u00e8re, qui ne voit de saints que parmi les martyrs, et affirme que \u00ab la mort est pos\u00e9e pr\u00e8s de l&rsquo;entr\u00e9e du plaisir \u00bb (r\u00e8gle N\u00b0 7) et qu&rsquo;on \u00ab doit apprendre toutes les choses p\u00e9nibles et aust\u00e8res par lesquelles on va \u00e0 Dieu \u00bb (r\u00e8gle N\u00b0 58). Je me sens plus proche des Chr\u00e9tiens Orthodoxes \u2014 chez qui la joie pascale de la R\u00e9surrection l&#8217;emporte sur la passion de la Crucifixion ; proche aussi des certains Soufis orientaux qui \u00ab dansent la Joie du monde \u00bb. \u00ab Plusieurs chemins m\u00e8nent \u00e0 la Sagesse, disentils, lorsque vous cherchez, cherchez dans la joie\u2026\u00bb<br \/>\nJe rejoins le Pr Max Pag\u00e8s, psychoth\u00e9rapeute, lorsqu&rsquo;il d\u00e9clare2 : \u00ab Contrairement \u00e0 ce que prescrit la technique freudienne, le plaisir qu&rsquo;\u00e9prouve le th\u00e9rapeute dans ses \u00e9changes avec les participants est n\u00e9cessaire au changement. Il n&rsquo;est pas nuisible : ce n&rsquo;est pas non plus, un \u00e9l\u00e9ment suspect que l&rsquo;on doit doser, que l&rsquo;on accepte avec r\u00e9ticence et mauvaise conscience. C&rsquo;est le moteur m\u00eame du changement. \u00bb Faut&rsquo;il rappeler, par ailleurs, que plaisir et amour ne sont pas synonymes de sexualit\u00e9 ? Le mot m\u00eame \u00ab sexualit\u00e9 \u00bb n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 forg\u00e9 qu&rsquo;au XIX\u00b0 si\u00e8cle et employ\u00e9 pour la premi\u00e8re fois dans son sens actuel en&#8230; 1924 ! (sic). Que de chemin parcouru depuis ! Les Grecs, plus nuanc\u00e9s, poss\u00e9daient trois mots totalement distincts pour d\u00e9signer l&rsquo;amour :<br \/>\n\u2022 \u00e9ros : le d\u00e9sir, symboliquement localisable dans le corps ou le sexe ;<br \/>\n\u2022 agap\u00e9 : l&rsquo;affection, \u00e0 connotation fraternelle, localisable dans le coeur ;<br \/>\n\u2022 philia : l&rsquo;amour ou l&rsquo;int\u00e9r\u00eat (pour un ami, pour la musique, pour la v\u00e9rit\u00e9), localisable dans la t\u00eate.<br \/>\nL&rsquo;\u00e9conomie libidinale freudienne du d\u00e9but du si\u00e8cle avait fait des pulsions des<br \/>\n\u00e9nergies quantifiables, sur le mod\u00e8le de la thermodynamique classique de l&rsquo;\u00e9poque, domin\u00e9e par le second principe de Carnot (d\u00e9perdition de l&rsquo;\u00e9nergie par entropie). Chez Freud, les m\u00e9canismes de la n\u00e9vrose comme de la sublimation sont implicitement bas\u00e9s sur la m\u00e9canique des fluides : l&rsquo;\u00e9nergie est suppos\u00e9e limit\u00e9e, elle ne peut \u00eatre que d\u00e9vi\u00e9e ou<br \/>\ntransform\u00e9e, mais non multipli\u00e9e. Ainsi, par exemple, la curiosit\u00e9 sexuelle initiale non<br \/>\nutilis\u00e9e est m\u00e9tabolis\u00e9e et serait la source de l&rsquo;art et de la science.<br \/>\nOr l&rsquo;amour est comparable au Feu et non \u00e0 l&rsquo;Eau : il n&rsquo;ob\u00e9it pas au principe des vases<br \/>\ncommunicants mais \u00e0 celui de la flamme \u2014 qui peut se multiplier sans limite et qui ne perd<br \/>\nrien d&rsquo;avoir donn\u00e9. Le malthusianisme libidinal n&rsquo;est plus de mise : il ne faut pas \u00e9conomiser l&rsquo;eau, mais entretenir la flamme \u2014 tout en \u00e9vitant de s&rsquo;y br\u00fbler !\u2026<br \/>\n2 Max PAGES : Le Travail amoureux . Paris. Dunod. 1977.<\/p>\n<p>EAP. Lisbon. Happiness &amp; Psychotherapy. S. Ginger. Page 3 sur 4<br \/>\nL&rsquo;amour, la tendresse et le sexe ne s&rsquo;usent pas lorsqu&rsquo;on s&rsquo;en sert\u2026 bien au contraire !<br \/>\n<strong>Le devoir de bonheur<\/strong><br \/>\n\u00c0 quoi bon s&rsquo;\u00e9corcher les doigts en arrachant les mauvaises herbes ou en grattant<br \/>\nsans cesse la terre de notre jardin int\u00e9rieur, pour en retirer tous les cailloux ? De toute<br \/>\nmani\u00e8re, on s&rsquo;y \u00e9puise en vain : plus on creuse et plus on en trouve ! Malgr\u00e9 tous mes<br \/>\nefforts, il restera toujours des pierres dans ma terre ! Et si je gardais mes forces pour arroser mes fleurs ? Voire pour en planter\u2026 et cela m\u00eame sur la rocaille ! Chacun sait qu&rsquo;il est plus facile de d\u00e9velopper ce qu&rsquo;on poss\u00e8de d\u00e9j\u00e0 : des dons pour la musique, pour le sport, une aptitude au contact spontan\u00e9\u2026 que de lutter en vain contre ses traits \u00ab n\u00e9gatifs \u00bb : arr\u00eater de fumer, \u00eatre moins paresseux, moins jaloux, etc. N&rsquo;\u00e9vitons ni la souffrance\u2026 ni la joie. Une psychoth\u00e9rapie vise l&rsquo;\u00e9panouissement de l&rsquo;\u00eatre. Ne cultivons pas le masochisme th\u00e9rapeutique \u00e0 la mode, qui sous-entend que plus une th\u00e9rapie est longue, ch\u00e8re et p\u00e9nible, plus elle est suppos\u00e9e \u00eatre \u00ab profonde et valable \u00bb ! \u00ab Pas cher = pas bon \u00bb, \u00ab pas long = pas profond \u00bb, demeurent des mythes tenaces ! Lorsqu&rsquo;au march\u00e9, on verse le m\u00eame sac de pommes de terre dans deux cageots diff\u00e9rents et qu&rsquo;on les vend : 2 \u20ac et 4 \u20ac, la plupart se pr\u00e9cipitent sur les plus ch\u00e8res, supposant qu\u2019elles sont meilleures !<\/p>\n<p>Une r\u00e9cente synth\u00e8se am\u00e9ricaine de 80 \u00e9tudes statistiques sur les effets r\u00e9els de diverses th\u00e9rapies, n&rsquo;a montr\u00e9 aucune corr\u00e9lation significative entre la dur\u00e9e, le prix et les r\u00e9sultats constat\u00e9s, ni \u00e0 court, ni \u00e0 long terme\u2026 La psychoth\u00e9rapie permet de nettoyer certaines s\u00e9quelles pesantes d\u2019un pass\u00e9 douloureux, mais il n\u2019est pas n\u00e9cessaire de fignoler ce nettoyage inlassablement pendant des mois ou des ann\u00e9es : lorsqu&rsquo;on a d\u00e9barrass\u00e9 sa cave des vestiges les plus encombrants, il est grand temps d&rsquo;am\u00e9nager le rez-de-chauss\u00e9e o\u00f9 l\u2019on demeure, pour profiter enfin de sa maison. C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;on pourra r\u00e9cup\u00e9rer de l&rsquo;\u00e9nergie et il sera toujours possible, par la suite, de terminer le nettoyage par petites touches. Cette \u00e9nergie de vie se cultive dans la joie et le plaisir et pas seulement dans l\u2019effort. Ce que l&rsquo;on peut faire de plus pour ceux que l&rsquo;on aime, c&rsquo;est d&rsquo;\u00eatre soi-m\u00eame heureux. Alain (in Propos sur le Bonheur, 1925)<br \/>\nAinsi, on offre en cadeau \u00e0 nos proches la pr\u00e9sence de quelqu&rsquo;un d&rsquo;\u00e9panoui, au lieu<br \/>\nde les \u00e9craser sous notre d\u00e9vouement ou notre sacrifice. Notre soleil les r\u00e9chauffe. Il ne<br \/>\ns&rsquo;agit donc plus seulement d&rsquo;un \u00ab\u00a0droit au bonheur\u00a0\u00bb, mais bien d&rsquo;un \u00ab\u00a0devoir de bonheur\u00a0\u00bb, d\u2019un devoir altruiste de rayonnement. De plus, cela contribue au travail dans le plaisir3, dans la chaleur et dans la joie. Or, il est \u00e9vident que ce qu&rsquo;on fait avec plaisir, on le fait mieux \u2014 cela \u00e9tant valable tant pour le client que pour le th\u00e9rapeute lui-m\u00eame.<br \/>\nLa neutralit\u00e9 absolue du th\u00e9rapeute est un mythe en partie p\u00e9rim\u00e9 qui n&rsquo;est plus gu\u00e8re<br \/>\nsoutenu d&rsquo;ailleurs, par les psychanalystes contemporains eux-m\u00eames. En outre, la non intervention est d\u00e9j\u00e0 une prise de position souvent fort inductrice, et le retrait ali\u00e8ne<\/p>\n<p>parfois davantage que la \u00ab provocation \u00bb (qui est un \u00ab appel \u00bb). Il faut souligner, de plus, que les attitudes profondes du th\u00e9rapeute ne sont pas uniquement des r\u00e9ponses \u00e0 celles du client \u2014 comme le laisserait supposer le terme m\u00eame 3 La chaleur optimale des relations est, pour moi, comme la chaleur optimale d&rsquo;un moteur \u00e0 explosion : elle en permet le meilleur fonctionnement mais sous r\u00e9serve de ne pas d\u00e9passer une temp\u00e9rature limite ! Rappelons que plusieurs enqu\u00eates am\u00e9ricaines et canadiennes font \u00e9tat de 15 \u00e0 20 % de psychoth\u00e9rapeutes de toutes ob\u00e9diences qui auraient eu des relations sexuelles avec un ou plusieurs de leurs clients !<br \/>\n3EAP. Lisbon. Happiness &amp; Psychotherapy. S. Ginger. Page 4 sur 4<br \/>\nde \u00ab contretransfert \u00bb, entendu comme r\u00e9action, positive ou n\u00e9gative, \u00e0 un transfert du<br \/>\nclient sur son analyste. \u00c0 ces transferts crois\u00e9s s\u2019ajoutent, bien entendu, les sentiments issus de la relation r\u00e9elle actuelle entre les deux partenaires de la th\u00e9rapie.<br \/>\nJ&rsquo;avoue que, pour ma part, je ne regrette en rien cet entrelacs intriqu\u00e9 de relations<br \/>\ndiverses, tiss\u00e9es dans tous les sens avec des fils, \u00e0 la fois invisibles et fortement color\u00e9s, en<br \/>\nun cama\u00efeu myst\u00e9rieux. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;insondable richesse des relations humaines qui leur<br \/>\nconf\u00e8re une \u00e9paisseur, une densit\u00e9 et une originalit\u00e9 sans cesse renouvel\u00e9es.<\/p>\n<p>Le transfert souligne, \u00e0 juste titre, l\u2019importance et la pr\u00e9gnance des exp\u00e9riences du pass\u00e9 et la tendance \u00e0 la r\u00e9p\u00e9tition des comportements ; mais il ne faut pas n\u00e9gliger pour autant l\u2019immense potentiel de cr\u00e9ativit\u00e9 qui permet \u00e0 chacun d\u2019entre nous de sortir des orni\u00e8res toutes trac\u00e9es. Les racines proviennent de l\u2019arbre. La recherche des racines est certes souvent \u00e9clairante, mais n\u2019oublions surtout pas que \u2014 contrairement \u00e0 un pr\u00e9jug\u00e9 r\u00e9pandu \u2014 l\u2019arbre ne provient pas de ses racines mais<br \/>\nd\u2019une graine : ce sont au contraire, les racines qui proviennent de l\u2019arbre : chaque jour, elles poussent, s\u2019enfoncent en terre et s\u2019\u00e9largissent, pour \u00e9quilibrer la ramure. L\u2019enracinement est ainsi un ph\u00e9nom\u00e8ne actuel et permanent, qui se d\u00e9veloppe dans l\u2019ici et maintenant et dans un ajustement cr\u00e9atif entre l\u2019arbre et son environnement \u2014 deux th\u00e8mes centraux en Gestaltth\u00e9rapie.<br \/>\n\u00c0 la r\u00e9p\u00e9tition pessimisme \u00ab math\u00e9matique \u00bb (de \u00ab mat\u00e9ma \u00bb, participe pass\u00e9 grec,<br \/>\nqui signifie : \u00ab ce qui a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 \u00e9crit \u00bb, la v\u00e9rit\u00e9 du pass\u00e9), il est temps d\u2019opposer la<br \/>\n\u00ab po\u00e9sie \u00bb optimiste et foisonnante de la vie (de \u00ab po\u00efein \u00bb, qui signifie : \u00ab cr\u00e9er \u00bb en grec).<br \/>\nUn exemple de changement de perspective. Je terminerai ces quelques r\u00e9flexions sur la recherche du bonheur en th\u00e9rapie, par un bref exemple, tir\u00e9 d\u2019un groupe th\u00e9rapeutique de Gestalt : une m\u00e8re \u00e9voque, en sanglots, le d\u00e9c\u00e8s brutal de sa fille de 17 ans, survenu accidentellement il y a d\u00e9j\u00e0 plusieurs ann\u00e9es, et dont elle n\u2019arrive pas \u00e0 se consoler. La situation est rejou\u00e9e dans une mise en sc\u00e8ne psychodramatique, \u00e0 caract\u00e8re symbolique. Une jeune femme du groupe joue la fille d\u00e9c\u00e9d\u00e9e et d\u00e9clare \u00ab d\u2019outre-tombe \u00bb :<br \/>\n\u2014 \u00ab Maman, je ne comprends pas pourquoi, depuis tant d\u2019ann\u00e9es, tu ne te souviens que<br \/>\ndes quelques instants de ma mort, au lieu de savourer avec moi, les 17 ann\u00e9es de<br \/>\nbonheur que nous avons partag\u00e9es durant toute ma vie ! Tant de souvenirs heureux<br \/>\nque tu sembles avoir oubli\u00e9s ! C\u2019et pourtant cela qui est essentiel entre nous, ma vie<br \/>\net non pas ma mort !\u2026 \u00bb. Ce \u00ab t\u00e9moignage \u00bb spontan\u00e9 d\u2019une participante a boulevers\u00e9 la m\u00e8re \u2014 et lui a permis de \u00ab rouvrir instantan\u00e9ment l\u2019album photos de sa fille \u00bb et de raconter au groupe ses nombreux moments de joie partag\u00e9e. Cette expression publique de bonheur s\u2019est av\u00e9r\u00e9e autrement plus th\u00e9rapeutique que la complaisance r\u00e9p\u00e9titive dans un deuil mal assum\u00e9\u2026 Ainsi, le sourire, le rire, la joie et le bonheur mobilisent les cinq dimensions de l\u2019\u00eatre humain : physique, \u00e9motionnelle, cognitive (l\u2019humour), sociale (le partage) et spirituelle (le sens m\u00eame de la vie), conform\u00e9ment aux cinq branches du Pentagramme \u2014 que j\u2019ai adopt\u00e9 comme symbole de la Gestalt-th\u00e9rapie.<br \/>\nSerge Ginger<br \/>\n&lt;s.ginger@noos.fr&gt;<br \/>\n4<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>10th EAP Convention in Lisbon (Portugal) 2 &#8211; 5 July 2009 \u00ab Meanings of Happiness and Psychotherapy \u00bb by Serge Ginger1 Planter ses fleurs plut\u00f4t qu\u2019arracher les mauvaises herbes G\u00e9n\u00e9ralement, on entreprend une psychoth\u00e9rapie pour porter rem\u00e8de \u00e0 une souffrance &hellip; <a href=\"https:\/\/arnaud-vincent.fr\/?p=77\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-77","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/arnaud-vincent.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/77","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/arnaud-vincent.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/arnaud-vincent.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/arnaud-vincent.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/arnaud-vincent.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=77"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/arnaud-vincent.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/77\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":264,"href":"https:\/\/arnaud-vincent.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/77\/revisions\/264"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/arnaud-vincent.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=77"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/arnaud-vincent.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=77"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/arnaud-vincent.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=77"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}